WebDev pour un développement rapide mais pour qui ?

L’outil WebDev édité par PCSOFT est un atelier de développement pour la création de site web dynamique. S’inspirant du principe RAD il permet de faire des pages web de façon visuelle et de partir de la base de données pour créer automatiquement ou presque les pages en accès CRUD. Le langage propriétaire, WLangage, est en français et facile d’accès car d’abord procédural et objet optionnellement.

La prise en main de l’outil est vraiment aisée. La facilité et la rapidité des créations d’un site en CRUD avec le RAD est bluffante. Toutefois toute belle fille ne peut donner plus qu’elle n’a. Si Webdev permet de baisser drastiquement la barrière de compétence pour développer, quelles sont les limites informatiques dans l’architecture du SI quand on mise ses développements sur Webdev ou tout outil équivalent ?

En premier lieu le choix de Webdev est judicieux pour permettre une population ancienne technologie d’accéder, sans montée en compétence, à des technologies nouvelles. La terminologie utilisée par Webdev sent bon l’ancien temps avec la notion de fichier ou de rubrique pour les tables et les colonnes. Le langage possède même une instruction GOTO ! En même temps l’outil propose sur simple clic d’accéder à des techniques dans l’air du temps: Ajax, Webservice… Cette dualité ouvre la porte au plus grand nombre aux dernières innovations sexy de l’informatique et cela dès la lecture d’une publicité commerciale ou du manuel utilisateur de Webdev…

Malheureusement la forme n’est pas tout et les organisations ont des besoins différents. Webdev est-il le graal ? La réponse est évidement non. Un raisonnement par l’absurde suffit à nous convaincre. L’échec des projets de développement informatique ne se conjurent pas par l’utilisation des AGL et le succès des projets utilisant des technologies non RAD dans les secteurs concurrentiels (banque, e-commerce…) montre la pertinence de ces choix technologiques.

Les secteurs où la technique relève d’un critère concurrentiel ne peuvent se permettre d’attendre la prochaine version de l’AGL pour offrir la dernière technologie à la mode à ces clients. L’accélération du monde fait que le « time to market » est parfois vital. Une bonne idée ce n’est pas suffisant, il faut la mettre en œuvre avant les autres.

Le modèle des appliccations WebDev promeut un développement CRAD (mélange de RAD et de CRUD). En effet la rapidité de développement pousse à la paresse conceptuelle. La conception consiste à modéliser (et faire apparaître) des objets artificiels qui ne sont ni issus du métier ni même technologiques (je n’utilise pas le terme technique pour bien préciser ma pensée). Cette tâche de conception nécessite de vrai compétence informatique que le public visé par Webdev n’a pas. L’approche RAD se focalise sur l’analyse qui n’est n’y plus ni moins qu’un modèle meurisien orienté données. La tentation est alors grande de se laisser enfermer dans l’outil et de ne pas passer par la case conception logicielle. La préjudice ne se voit pas si la logique métier est peu présente dans l’application;.. Mais on fait alors l’impasse sur l’évolutivité, la scalabilité et donc la pérénité de l’application.

Les organisations ayant une SI de grande ampleur où l’interconnexion des systèmes occupe une place importante ne peut se contenter du modèle applicatif proposer par WedDev. En effet la notion de réutilisation semble re dans WebDev qu’un partage de bibliothèques qui nécessiteront un « redéploiement » (livraison) de toutes les applications qui les utilisent. Pourtant des technologies datant de la fin des années 90 adressent ces problématiques comme les EJB ou plus anciennement les ORB Corba.

Si on replace dans l’utilisation de l’outil, la présentation du code est bien pensée en regroupant sur un écran les codes de différentes natures qui concourent au fonctionnement d’une page ou d’un bouton. Dommage que des bugs mineurs tels que le crash de l’IDE quand l’assistant de saisie présente les paramètres de la procédure Milieu() utilisée dans le premier exemple de l’auto-formation (Ce bug est répétable sur plusieurs machines de mon organisation, peut-être un problème de master spécifique). Ce n’est toutefois pas très gênant.

Pour conclure ce billet auquel d’autres succéderont au fil de mon utilisation de WebDev, je dirais qu’il faut prendre cet AGL pour ce qu’il est: un moyen de développer rapidement sans prétention. Il faut donc savoir faire le deuil de toute agilité du SI et pour cela bien analyser la typologie de son SI.

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