Etes-vous agile ?

Les méthodes de développements sont assez nombreuses et vont de la classique méthode du cycle en V aux méthodes dites agiles en passant par une étrange mais néanmoins utilisée méthode dite « pas de méthode ». Bien-sûr le dégrée de maturité de l’organisation conditionne la méthode utilisée. Il est courant donc de voir des organisations de très petites tailles, dont le cœur de métier n’est pas le développement de logiciel, opter pour l’étrange méthode avec un succès qui dépend uniquement de la capacité du responsable à gérer sans méthodes son activité. Il est étonnant de constater que cela marche… parfois. Il suffit simplement d’avoir confiance en l’extraordinaire faculté d’adaptation de celui qui dispose d’une bonne volonté à gérer le désordre. Au contraire une organisation plus mature dont le but est le développement de logiciel aura sans doute adopté une méthode : cycle en V pour certaines ou méthodes itératives pour d’autres mais avec toujours un penchant pour la mise en place de processus écrasant pour le développeur.

Qu’est-ce que l’agilité ? L’agilité est la faculté de pouvoir s’adapter en changeant rapidement d’orientation, de position afin de répondre plus rapidement au besoin du milieu. Les informaticiens de la nouvelle génération c’est-à-dire ceux qui sont arrivés sur le marché après 2000 sont assez au courant des méthodes agiles mais sont souvent contraints d’appliquer les méthodes que leur organisation aura mis du temps à éprouver.  Cela ne veut pas dire que le choix d’une méthode ou l’autre est le simple fait de la génération car si les méthodes agiles paraissent modernes, il ne s’agit rien d’autre que la formulation de principes issus  du bon sens et de l’expérience acquise par la pratique de développeurs chevronnés durant les années 90. L’agilité semble aujourd’hui être de plus en plus utilisée comme une évidences qui s’impose.

Quelles sont les raisons de cette adoptions ? La difficulté de prendre en compte les modifications de spécification en cours de projet quand sont utilisées des méthodes à effet tunnel. La difficulté de détecter les incompréhensions des développeurs à cause de l’effet tunnel. A ces raisons parmi d’autres visant directement la réussite du projet , s’ajoute de véritables raisons sociologiques. Ce qui est frappant des les méthodes agiles, notamment XP, c’est la mise au centre du développeur qui avait peu à peu pris une place d’éxécutant dans le processus de plus en plus complexe et encadré de la production de logiciel. C’est d’ailleur un des arguments des détracteurs des méthodes agiles qui disent que c’est la méthode des nostalgiques du temps de l’informaticien dans sa tour d’ivoir. C’est un argument simpliste car les méthodes agiles au contraires rapproche le développeur de l’utilisateur et visent améliorer l’adéquation entre le besoin et le logiciel, la perception de l’avancement et l’état réel de l’avancement. Les méthodes agiles sont des méthodes pragmatiques et efficaces car elles partent d’une approche « down-top » et non pas « top-down ».

Nous abordons alors un point très controversé dans notre culture française. En effet le système français globale est organisé autour de l’élite. Nous avons un système politique et éducatif qui prône l’élitisme c’est-à-dire la mise en avant des individus plus par l’origine corporatiste que par la démonstration de compétences dans un domaine donnée. Mais cette tendance est d’ailleur en train de changer comme le montre l’exemple de l’actuel président qui n’est pas sorti de l’ENA. Si dans la politique on assiste à une « américanisation », il est intéressant de remarquer que ce n’est que la consécration d’un mouvement général qui touche aussi le monde de l’informatique dans sa dimension « sociologique ». Il est en effet remarquable de voir comment les méthodes agiles commencent à faire leur chemin en plaçant la compétence première de l’informaticien au centre du processus de production de logiciel. Il est en effet plus facile de contrôler une machine quand on est à l’intérieure de celle-ci.

L’agilité en informatique relève d’une culture particulière des individus, qui je pense, ne se décrète pas. Est-ce que cela s’apprend-t-il ? Peut-être. L’informaticien agile est réaliste, courageux, honnête et possède un certain sens de la qualité de travail. Ce sont là des qualificatifs que l’on attribuerait volontiers à un amoureux de son métier, à un simple travailleur de la base… Le concept de méthode agiles dans son côté très pratique serait-il à rapprocher de celui de la lutte syndicale… L’idée m’effleure souvent. Prenons l’exemple de la charge de travail. En méthodologie agile, on admet que le développeur doit conserver un rythme de travail régulier et ne jamais recourir aux heures supplémentaires pour satisfaire au délai. Si un dépassement survient, on enlève des fonctionnalité pour tenir le délai. C’est une gestion résolument tournée vers le bien être de l’individu.

Je pense que c’est la dimension sociologique des méthodes agiles qui freine leur adoption dans les organisations. L’évangéliste doit alors appliquer une conduite au changement à une population d’informaticien du « middle au top management ». Cette population est souvent culturellement non ouverte aux méthodes agiles. L’évangéliste doit alors user de tout son pouvoir de démonstration et de persuasion pour parvenir à ces fins. Et vous, êtes vous agiles ?


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